Stress au travail : comprendre, repérer les signaux et savoir à qui en parler
En bref. Selon l’INRS, on parle de stress au travail quand une personne ressent un déséquilibre entre ce qu’on lui demande et les ressources dont elle dispose pour y répondre. Quand cette situation s’installe, elle a toujours un coût pour la santé. L’INRS insiste sur un point : le stress se prévient d’abord en agissant sur l’organisation du travail, et non en demandant à chacun de « mieux gérer ». Cette page résume ce que l’on sait des causes, des signaux d’alerte et des personnes à solliciter, sans astuce miracle ni produit.

Ce qu’est le stress au travail
La définition de l’INRS part d’un déséquilibre : la personne estime que ce qu’on lui demande excède ses ressources. Ce n’est pas une faiblesse individuelle. L’INRS note que les cas de stress sont parfois niés ou attribués à la fragilité de certains salariés, alors qu’il est « primordial de rechercher les liens possibles avec le contexte professionnel » : une surcharge de travail, des objectifs mal définis, des relations difficiles avec la hiérarchie ou les collègues, un manque d’autonomie.
Il distingue deux états. Le stress aigu est la réaction de l’organisme à une menace ou un enjeu ponctuel (prise de parole en public, changement de poste, situation inattendue) : quand la situation prend fin, les symptômes s’arrêtent peu après. Le stress chronique s’installe dans la durée, quand on a l’impression, tous les jours, que ce qu’on nous demande excède nos capacités. L’INRS précise que le stress chronique a toujours des effets néfastes sur la santé. Il écarte aussi l’idée reçue du « bon stress » qui donnerait le meilleur de soi et du « mauvais stress » qui rendrait malade : pour lui, il n’y a scientifiquement ni bon ni mauvais stress, mais une réponse d’adaptation de l’organisme.
Les causes : six familles de facteurs
Les facteurs de stress liés au travail sont les mêmes que ceux des risques psychosociaux. L’INRS les regroupe, d’après le rapport du collège d’expertise de Gollac, en six familles :
- l’intensité et le temps de travail : exigences excessives, complexité du travail, difficulté à concilier vie professionnelle et vie personnelle ;
- les exigences émotionnelles : tensions avec le public, obligation de cacher ses émotions ;
- le manque d’autonomie : procédures trop rigides, sous-utilisation des compétences ;
- les rapports sociaux dégradés : conflits entre collègues ou avec l’encadrement, manque de reconnaissance ;
- les conflits de valeurs : devoir faire des choses que l’on désapprouve, ne pas avoir les moyens de bien faire son travail ;
- l’insécurité de la situation de travail : peur de perdre son emploi, incertitude sur l’avenir de son métier.
Les signaux qui doivent alerter
Dans son dépliant « Risques psychosociaux, en parler pour en sortir », l’INRS liste des signaux à ne pas ignorer :
- se sentir plus nerveux, irritable, angoissé, agressif ou triste, pleurer souvent, se replier sur soi ;
- se sentir moins efficace : difficulté à se concentrer, erreurs, oublis ;
- de petits soucis de santé : maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, insomnies, palpitations ;
- le besoin de consommer des produits ou des médicaments pour « tenir le coup » (café, tabac, alcool, somnifères, anxiolytiques…) ;
- un changement de comportement alimentaire.
L’INRS recommande de ne pas attendre que la situation s’aggrave : « Ne restez pas seul avec votre souffrance. Parlez-en ! »
À qui s’adresser
Le même dépliant de l’INRS énumère des interlocuteurs, dans l’entreprise et à l’extérieur :
- les collègues, qui peuvent éviter l’isolement et témoigner de la dégradation des conditions de travail ;
- l’encadrement, les ressources humaines et le chef d’entreprise, qui sont tenus à une obligation de sécurité à l’égard de leurs salariés et doivent prendre les mesures nécessaires pour protéger leur santé physique et mentale ;
- les représentants du personnel, qui ont une compétence légale sur toute question de santé et de sécurité au travail ;
- le service de prévention et de santé au travail (médecin du travail, infirmier, psychologue du travail), qui peut écouter, étudier le poste, proposer un aménagement et orienter vers un médecin traitant, un spécialiste ou un psychologue ;
- le médecin traitant, référent en matière de soins, qui assure la prise en charge médicale et peut orienter vers un spécialiste ;
- les organisations syndicales, l’inspection du travail, les associations d’aide aux victimes, un avocat ou le Défenseur des droits, notamment en cas de harcèlement ou de violences.
Ce que l’employeur doit faire
L’INRS rappelle que le chef d’entreprise doit assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés. Il doit privilégier les actions de prévention collective, centrées sur le travail et son organisation : elles agissent sur les causes du stress plutôt que sur ses symptômes. Concrètement, cela passe par la réduction des sources de stress (organisation, conditions de travail, relations sociales) et non par des conseils individuels de gestion.
Et le poste de travail ?
L’INRS cite le stress parmi les effets possibles du travail sur écran, avec les troubles musculosquelettiques et la fatigue visuelle. Un poste bien réglé fait donc partie de la prévention, sans en être la seule réponse. Pour aller plus loin, voir nos pages sur le fauteuil ergonomique, la souris verticale et le support d’ordinateur portable.
Ce qui a été retiré de l’ancienne page
La version de 2020 recommandait des plantes « anti-stress », des objets de détente et le vapotage pour « se déstresser », ainsi que des astuces de gestion du temps. Nous ne reprenons rien de cela : aucune de ces affirmations ne s’appuyait sur une source de santé, et les plantes ou les produits qui agissent sur l’état psychique relèvent d’un avis médical ou pharmaceutique.
Pour qui, et à quelles conditions
Cette page s’adresse aux salariés, indépendants et aidants qui s’interrogent sur le stress lié au travail ; elle ne remplace pas une consultation. Si vous vous sentez en détresse ou si vous avez des pensées suicidaires, ou si vous voulez aider une personne en souffrance, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) est accessible gratuitement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, partout en France.
Notre méthode
Cette page s’appuie sur les pages de l’INRS consacrées au stress au travail, sur son dépliant « Risques psychosociaux, en parler pour en sortir » (ED 6251) et sur le site du 3114. Nous ne sommes pas professionnels de santé et nous n’avons testé aucun produit. La version précédente, datée de 2020, contenait notamment une incitation au vapotage et des listes de plantes : elles ont été retirées.
Questions fréquentes
Pas scientifiquement, selon l’INRS : il distingue un stress aigu, ponctuel, et un stress chronique, qui a toujours des effets néfastes sur la santé.Existe-t-il un « bon stress » ?
À la personne avec qui vous vous sentez le plus à l’aise : un collègue, votre encadrement, un représentant du personnel, le médecin du travail ou votre médecin traitant.À qui parler en premier ?
Selon l’INRS, le burn-out est un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique.Le burn-out est-il lié au stress ?
L’INRS invite à rechercher d’abord les liens avec le contexte professionnel (charge, objectifs, relations, autonomie).Le stress est-il un problème personnel ?
Appeler le 3114, gratuit et ouvert 24 heures sur 24, ou consulter un médecin.Que faire en cas de détresse ?
Sources
- INRS, Stress au travail : ce qu’il faut retenir.
- INRS, Stress au travail : exemples d’exposition aux risques et facteurs de stress (six familles de facteurs, d’après le rapport du collège d’expertise de Gollac).
- INRS, Risques psychosociaux, en parler pour en sortir (dépliant ED 6251, édition 2016).
- INRS, Travail sur écran : ce qu’il faut retenir.
- 3114, numéro national de prévention du suicide.
Cette page est informative et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un professionnel de santé.
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