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Tendinites et poignets

Tendinite du poignet : comprendre, reconnaître les signes et adapter son poste de travail

En bref. Une tendinite du poignet est une inflammation d’un tendon, parfois aussi de sa gaine (on parle alors de ténosynovite). Elle se reconnaît à une douleur située sur le trajet d’un tendon et réveillée par certains gestes. Elle se diagnostique et se traite avec un médecin : l’INRS insiste sur le fait que ce diagnostic ne doit jamais être posé « par facilité » devant n’importe quelle douleur du poignet. Ce que cette page peut faire, c’est vous aider à comprendre le trouble, repérer ce qui sollicite vos poignets au travail et adapter votre poste. Elle ne remplace pas une consultation.

Une main tenant délicatement le poignet d'une autre personne, en noir et blanc
Un poignet douloureux se montre, il ne se devine pas : le diagnostic est médical.

Ce qu’est une tendinite du poignet, et ce qu’elle n’est pas

Dans sa description clinique de la maladie, l’INRS définit les tendinites comme des inflammations des tendons, et les ténosynovites comme des inflammations des tendons et de leurs gaines synoviales. Il met en garde contre un réflexe : poser ce diagnostic « de facilité » devant toute douleur du poignet ou des doigts. Beaucoup de douleurs de poignet n’en sont pas.

Selon le tendon touché, on distingue des tendinites postérieures, externes ou antérieures. Côté pouce, la plus connue est la tendinite de De Quervain : elle touche la gaine commune de deux tendons du pouce, sur la face dorsale du poignet, et c’est la plus fréquente des ténosynovites des gaines dorsales. Le médecin la confirme par des gestes d’examen précis (palpation, étirement du pouce et du poignet). Aucun test maison ne s’y substitue.

Reconnaître les signes sans se diagnostiquer

D’après l’INRS, une tendinite se suspecte quand la douleur spontanée se trouve sur le trajet ou à l’insertion d’un tendon, et qu’elle est réveillée ou accentuée par les gestes qui sollicitent ce tendon, par sa palpation, par sa mise en tension contre résistance ou par son étirement passif. Le tendon peut aussi être épaissi ou entouré d’un petit gonflement.

Il faut rester prudent sur ce qui ressemble à une tendinite sans en être une. Le syndrome du canal carpien, par exemple, se manifeste surtout par des fourmillements, notamment la nuit, sur la face de la paume des trois premiers doigts. L’INRS signale d’ailleurs qu’une ténosynovite chronique des fléchisseurs des doigts peut elle-même conduire à un syndrome du canal carpien. Et une cause non professionnelle (un rhumatisme inflammatoire, de la goutte, plus rarement une infection) ne doit pas être oubliée, même quand le travail semble en cause. Voilà pourquoi la consultation reste la bonne démarche.

Une professionnelle de santé examine l'avant-bras d'une patiente avec un appareil
L’examen médical permet de faire la différence entre une tendinite et d’autres causes.

Ce que dit l’INRS de la prise en charge

La description clinique de l’INRS indique que le traitement doit être le plus précoce possible et conduit avec rigueur, car beaucoup de formes dites rebelles le deviennent faute d’avoir été correctement traitées. Pour une forme récente, il évoque l’association de plusieurs mesures décidées par le médecin : un arrêt des sollicitations du poignet pendant quinze jours à trois semaines (toutes activités, professionnelles ou non), une orthèse de repos, des médicaments anti-inflammatoires, parfois une infiltration, de la physiothérapie, et une analyse du geste en cause pour éviter les récidives. La chirurgie est réservée à certaines formes rebelles, en particulier la tendinite sténosante de De Quervain.

Nous donnons ces éléments pour que vous sachiez ce dont on parle en consultation, pas pour que vous vous en serviez seul : le choix des mesures, des médicaments et de leur durée relève du médecin. C’est aussi la raison pour laquelle cette page ne recommande ni crème, ni gel, ni orthèse.

Ce qui sollicite le poignet : la partie que l’on peut observer

Toujours selon l’INRS, la prévention des récidives repose sur l’étude des facteurs en cause : le matériel utilisé, les gestes mal adaptés (notamment les inclinaisons du poignet vers le pouce ou vers le petit doigt), et le rythme de travail (absence de pauses, tâches répétitives). Un âge supérieur à 40 ans est cité parmi les facteurs individuels favorisants.

Pour qui travaille sur ordinateur, cela se traduit en questions simples à se poser. Le poignet est-il plié vers le haut, vers le bas ou sur le côté quand on tape ou qu’on tient la souris ? Combien de temps passe-t-on sans lever les mains du clavier ? La souris est-elle posée loin, ce qui oblige à tendre le bras ? L’Assurance Maladie, qui traite du syndrome du canal carpien, donne un repère proche : garder les mains dans le prolongement des avant-bras et limiter la répétitivité des mouvements du poignet.

Une personne tient un téléphone portable d'une main, appuyée à une rambarde
Le poignet travaille aussi en dehors du bureau : téléphone, outils, loisirs.

Adapter son poste de travail

Quelques pistes, toutes tirées des consignes de l’INRS sur le travail sur écran :

  1. Rapprocher la souris de soi, entre le clavier et soi ou tout contre le clavier, et aligner la main avec l’avant-bras.
  2. Régler le siège et le bureau pour que les avant-bras reposent sur le plan de travail, coudes proches du tronc, mains dans le prolongement des avant-bras.
  3. Ne pas appuyer continuellement les poignets sur le bord du bureau pendant la frappe.
  4. Faire des pauses régulières, et varier les tâches pour ne pas rester sur le même geste.
  5. Essayer, si la souris pose problème, un modèle qui garde l’avant-bras plus proche de sa position de repos : l’INRS cite la souris inclinée ou verticale parmi les dispositifs à privilégier en cas de plainte au poignet ou au coude.

Notre comparatif des souris verticales détaille neuf modèles et les précautions d’usage, et notre page sur le fauteuil ergonomique explique le réglage du siège et du bureau. Pour un ordinateur portable, un support évite de taper poignets pliés.

Pour qui, et à quelles conditions

Cette page s’adresse à des adultes qui ressentent une gêne au poignet liée à leurs gestes quotidiens et veulent comprendre et adapter leur poste. Elle ne concerne pas un poignet traumatisé par une chute ou un choc, ni un poignet qui gonfle avec une douleur vive, ni des fourmillements qui s’installent : ces situations demandent un avis médical rapide, et non des ajustements de poste. Un salarié peut aussi demander l’avis du médecin du travail : le Code du travail oblige l’employeur à faire examiner par le médecin du travail tout travailleur qui se plaint de troubles pouvant être dus au travail sur écran (article R. 4542-18).

Notre méthode

Cette page repose sur la description clinique de la maladie indemnisable publiée par l’INRS (tableau RG 57, tendinites et ténosynovites du poignet, de la main et des doigts), sur les conseils de l’INRS pour le travail sur écran et sur la page de prévention du syndrome du canal carpien de l’Assurance Maladie. Nous ne sommes pas professionnels de santé et nous n’avons testé aucun produit pour cet article. La version précédente de la page, datée de 2020, conseillait des produits de soin et employait un vocabulaire de guérison : tout cela a été retiré.

Questions fréquentes

Comment savoir si j'ai une tendinite du poignet ?

Seul un médecin peut le dire. Une douleur située sur le trajet d’un tendon et réveillée par certains gestes est un signe d’alerte, mais d’autres troubles donnent des douleurs voisines.

La tendinite du poignet guérit-elle toute seule ?

L’INRS indique qu’elle peut devenir chronique sans traitement adapté ni prévention des rechutes : mieux vaut consulter tôt.

Quelle différence avec le syndrome du canal carpien ?

Le canal carpien se manifeste surtout par des fourmillements, notamment nocturnes, dans les trois premiers doigts ; c’est un trouble des nerfs, pas des tendons.

Une souris verticale évite-t-elle la tendinite ?

Elle rapproche l’avant-bras d’une position plus neutre ; nous n’avons trouvé aucune source qui établisse qu’elle prévient ou soigne une tendinite, le détail est dans notre comparatif.

Faut-il porter une orthèse ou appliquer une crème ?

C’est au médecin d’en décider ; nous ne recommandons aucun produit de soin sur cette page.

À partir de quand consulter ?

Dès qu’une douleur du poignet persiste, revient à chaque geste ou s’accompagne de fourmillements ou d’un gonflement.

Sources

Cette page est informative et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un professionnel de santé.

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